Récemment, j’ai changé tous les composants de mon ordinateur (je bricole un peu…). J’ai seulement conservé un disque dur qui contient entre autre ma musique numérique. Naïvement, je pensais qu’en allumant ma machine toute reponponnée j’allais retrouver illico mes chansons préférées. Que nenni ! Patatras… plus moyen d’écouter ma musique « légale » achetée sur Internet ! Les morceaux MP3 non protégés fonctionnaient toujours mais pas les chansons au format WMA protégées contre la copie.
En fait, Windows Media Player s’appuie sur la configuration matérielle de l’ordinateur pour authentifier les morceaux de musique que l’on achète sur les sites marchands et les protéger contre la copie. Ce sont les fameuses DRM (Digital Right Management). Du coup, dès que l’on change un petit paramètre dans sa config matérielle, hop, tout part en vrille. Ce cher Windows n’y retrouve plus ses petits. Généreux, voilà qu’il me demande de « restaurer mes licences ». Késako ? De quoi parle-t-on ?
Je m’arrache les cheveux avec cette histoire de DRM et de licences !
Où sont ces licences ? Quelles sauvegardes ? Ah oui… c’est vrai, j’avais fait un backup caché dans un coin. Ok, je restaure. Mais non, ça ne marche pas. Cela ne lui convient toujours pas et il me demande, le bougre, de restaurer une sauvegarde antérieure. Comment ça « antérieure » ? Il lui faut des licences sur dix-sept générations avec les noms des cousins, des amants et les dates de naissance des rejetons ? Je vais en parler à mon père qui fait de la généalogie…

Une piste. Sur le site de Microsoft, on explique (en anglais) comment faire lorsque Media Player affiche ce type de message d’erreur. Et alors voulez-vous savoir quel est le premier conseil donné ? Il vaut son pesant de mégabits ! Voici : « to resolve this issue, restore your computer to the original hardware configuration or to the original BIOS settings”. Autrement dit : pour écouter ta musique, coco, démonte ton ordinateur et remet tout comme c’était avant sinon tu l’as dans l’os. Enorme, non ?
Pour ceux qui n’auraient pas envie de « down-grader » leurs machines, ils expliquent quand même aimablement comment faire pour… la prochaine fois. Qu’est-ce que cela veut dire ? Tout simplement que je peux faire une croix sur ma musique légale actuelle mais que si j’ai l’intention d’en racheter encore (si je ne suis pas écoeuré) et de bricoler à nouveau mon ordinateur, on m’explique gentiment comment protéger mes biens que je croyais pourtant à l’abri sur mon disque. Suit alors un mode d’emploi à coucher dehors qui invite à aller bricoler dans la base de registre pour accéder à du code en binaire, etc. J’abandonne. Je n’en peux plus.
Tant pis, je fais une croix sur mes chansons payées de ma poche. A la poubelle « Division Bell » des Pink Floyd ! A la poubelle le dernier De Palmas… Je m’en retourne écouter mes MP3 non protégés.
DRM = Digital Right Managment, système électronique de gestion des droits d’auteur qui empêche qu’un fichier protégé soit copié, utilisé librement, etc.
Comment voulez-vous que la musique légale ait une chance quelconque de s’imposer dans ces conditions ? Cela veut dire qu’il faut racheter tous ses disques chaque fois que l’on change de carte-mère ou que l’on modifie la vitesse du processeur dans le Bios ? Est-ce que demain on m’empêchera aussi d’écouter de la musique sur mon autoradio parce que j’aurai changé une roue ? Y’aura-t-il un contrôle des passagers ? « Votre configuration a changé : le bébé assis à l’arrière n’était pas là hier, veuillez restaurer vos licences »…
Je sais… on va me répondre que 90% des utilisateurs ne bricolent pas leurs ordinateurs eux-mêmes. C’est l’argument massue du « mainstream ». Le problème, messieurs, c’est qu’aujourd’hui les 10% qui modifient et bidouillent leurs équipements informatiques façonnent le marché et les usages pour demain. Vous ne pouvez pas les balayer d’un revers de manche. D’autant qu’ils sont aussi vos clients et qu’à ma connaissance changer de carte-mère en conservant son disque dur de données n’est pas un crime d’Etat et ne nécessite pas encore une autorisation administrative préalable.
Bref, cette histoire de licences m’apparaît de plus en plus comme une plaisanterie. Microsoft n’est pas le principal fautif car ces gens-là font ce qu’ils peuvent pour proposer un truc solide à l’industrie du disque afin de les rassurer mais la réalité des usages est complètement niée. Cela dit, tout ce petit monde pourrait quand même expliquer beaucoup plus clairement la manière dont nous devons désormais « gérer nos licences ». Qui sait aujourd’hui ce qu’est une licence attachée à une chanson ? Qui sait où elles se cachent sur l’ordinateur ? Que font-elles à notre insu ? Sont-elles carnivores ? Herbivores ? Sont-elles solubles dans le Coca-cola ?
Par exemple, pourquoi les licences sont-elles stockées systématiquement dans le répertoire « Ma musique » ? Personnellement, j’efface régulièrement ce répertoire car je préfère stocker mes chansons dans un autre dossier de mon cru intitulé « _Ma musique ». Bon sang mais c’est bien sûr ! Voilà sans doute l’explication : j’ai du effacer mes licences par mégarde ne sachant pas qu’elles se trouvaient là. Oui, bon, mais j’avais quand même fait une sauvegarde alors pourquoi Media Player ne veut-il pas de cette sauvegarde ? Pfiuuu… Laissons tomber.
Ah ! Ce n’est pas fini. J’ai l’habitude de réinstaller régulièrement mon système avec Norton Ghost (comme ça on repart avec un PC tout neuf en 5 min dès qu’il commence à battre de l’aile). Et bien vous savez quoi ? Là encore, après la restauration, paf, plus de licences ! Tous les morceaux deviennent inutilisables. Argh !
La prochaine fois, je vous parlerai des licences qui empêchent aussi d’écouter de la musique sur plusieurs ordinateurs en réseau à la maison ou même pire sur la Xbox 360 (de Microsoft !). Vive la vie en réseau à la maison mais… sans DRM !
Lire la suite : Comment j’ai récupéré ma musique ! Mais…




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