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Attitude techno

Jérôme Colombain, journaliste high-tech à France Info

Archive

Archive de janvier, 2009

xps3J’avoue, je suis un gros consommateur d’ordinateurs portables. J’achète, je revends, j’emprunte… Je suis toujours à la recherche du meilleur compromis : taille – puissance – design. Dernier joujou en date : un DELL Studio XPS 13. C’est un petit portable 13 pouces (qui existe aussi en 17 pouces) parmi ce qui se fait de mieux chez le constructeur américain. Dell a enfin décidé de soigner le design et même le packaging de ses PC. Celui-ci est livré dans une belle boîte noire façon Apple qui change des anciens cartons marrons. Ce joujou sous Windows Vista 64 bits emprunte de bonnes choses à la fois au monde PC et au monde Apple.

Mention spéciale pour la reconnaissance biométrique du visage à l’aide de la webcam : vous allumez votre ordi et celui-ci vous reconnaît instantanément grâce à un logiciel qui identifie les contours de votre figure. Il lance alors automatiquement votre session Windows (ou bien ouvre une session gmail, blog, etc.) sans taper ni login ni mot de passe. Bref, cela remplace efficacement un lecteur d’empreinte digitale. Et ça marche ! Sauf… en basse luminosité. Dans ce cas, la webcam n’est plus du tout physionomiste et il faut taper manuellement ses mots de passe. Suggestion pour messieurs les constructeurs : maintenant que tous les portables disposent d’une webcam intégrée, pourquoi ne pas ajouter des petites LEDs pour éclairer le visage ? Cela éviterait les conversations vidéo en ombres chinoises…

J’aime
- La robustesse et la puissance (5,2 sur 5,9 au test de performances Vista qui vaut ce qu’il vaut…)
- Le design noir brillant et cuir très « executive »
- Le clavier rétro-éclairé comme sur un Macbook (jamais vu auparavent sur un PC)
- Les touches multimédia sensitives (surtout celle qui permet de désactiver d’un seul coup le Wifi, le bluetooth, la 3G, etc.)
- Les touches « douces » du pavé tactile
- Le slot 3G intégré (en option) pour mettre une carte SIM
- Le lecteur DVD style mange-disque (plus pratique qu’un tiroir sur un portable)
- La riche connectique (2 USB, HDMI, mini FireWire, SATA…)
- La webcam intégrée 2 mégapixels
- La reconnaissance biométrique du visage par Webcam (ça marche !)
- L’autonomie pas trop mauvaise pour un PC aussi puissant (3h environ)
- La qualité de l’écran LED

Je n’aime pas
- Le côté un peu trop « chauffage central » au bout de quelques temps d’utilisation
- Le poids (près de 3 kilos) mais, bon, ce n’est pas un netbook…
- Le pavé tactile trop petit (par rapport à celui d’un Mac)
- Le son pas terrible
- Les reflets de l’écran un peu trop brillant

Config : Core 2 duo P9500 2,53 Ghz 4 Go RAM ecran LED

photo-069b« Voilà, vous êtes fibré ! », m’annonce fièrement le technicien de Free comme si je venais d’être vacciné contre le choléra ou si j’avais décroché ma licence de pilote d’Airbus… Je suis fibré ! Je fais donc partie des quelques centaines de milliers de privilégiés raccordés à la fibre optique en France. Emotion… A la clé : la promesse d’une connexion ultra-haut débit à 100 mégabits/sec (jusqu’à présent je me « trainais lamentablement » à 6 mégabits en ADSL…) et 50 mégabits en « voie montante » (contre à peine 0,8 mégas aujourd’hui). C’est que je vais pouvoir en envoyer des vidéos sur DailyMotion !

L’installation. A part quelques trous dans le murs, ce n’est pas douloureux. Deux techniciens sous-traitants de Free, plutôt aimables et sérieux, débarquent à l’heure prévue. Perceuse dans une main, précieux petit câble blanc dans l’autre. Première question : où poser la prise dans l’appartement ? Car contrairement à l’ADSL, la fibre fonctionne avec un seul boîtier « Freebox optique » auquel on connecte à la fois l’ordinateur et la télé. Il est donc impératif d’installer cet appareil le plus près possible du téléviseur afin de pas avoir à tirer ensuite de longs câbles Péritel ou HDMI vers la télé. Du coup, l’ordinateur, lui, se retrouve un peu isolé. Il faut le relier par câble Ethernet ou par CPL (Courant Porteurs en Ligne) en oubliant le Wifi si l’on souhaite profiter pleinement du très haut débit.

Problème : les installateurs de la fibre ne sont pas les installateurs de la Freebox optique. Aïe ! Me voilà donc fibré mais dépourvu du précieux boîtier. Je vais devoir attendre un deuxième passage avant de goûter pour de vrai aux joies du très haut débit.
continuer la lecture…

Allez… On ne peut pas s’empêcher de vous montrer cette petite vidéo d’un soi-disant nouvel ordinateur Apple d’un genre complètement nouveau sur lequel le clavier est remplacé par… une roue sensitive . Un gros iPod, quoi. Malheureusement, mon petit doigt me dit qu’on ne verra jamais ce joujou dans les magasins car c’est ce que l’on appelle un fake (du pipeau)… Décidemment, la marque à la pomme fait fantasmer.


Apple Introduces Revolutionary New Laptop With No Keyboard

C’est fini ! Enfin ! Les dispositifs anti-copie sur les téléchargements légaux (constituant l’un des aspects des fameux DRM – Digital Rights Management) ne sont plus qu’un mauvais souvenir (juste le temps que tout se mette en place sur les sites marchands). Les deux derniers dinosaures qui faisaient encore de la résistance, Universal Music et Sony Music, ont jeté l’éponge ce week-end à l’occasion du Midem en annonçant la levée des DRM sur les téléchargements de musique à l’unité.

Sur France Info, Pascal Nègre, le PDG d’Universal France, explique : « nous n’avons plus besoin de faire de l’autodéfense car désormais l’Etat nous protège » (écouter).

Les DRM étaient une formidable « mauvaise idée » qui n’aurait jamais du voir le jour (il aurait suffit, mesdames, messieurs les ministres, députés et pros du disque, de vous mettre deux minutes à la place du consommateur honnête pour vous en rendre compte). On a vainement tenté de transférer la logique ancienne du monde analogique dans le nouveau paradigme du monde numérique sans considérer les changements d’usage que cette révolution entraîne. Une telle aberration a sans doute précipité la chute du marché de la musique.

Cela dit, tous nos problèmes de « consommateurs honnêtes » ne sont pas réglés. D’abord, même sans DRM, certains formats numériques continuent à poser des problèmes de compatibilité (essayez donc de transférer sur un baladeur de marque Creative des chansons en AAC achetées sur iTunes…). Ensuite, l’abandon des systèmes anti-copie ne concerne pas les téléchargements illimités. Pas exemple, si vous êtes abonné à MusicMe, pas question de transférer votre musique sur un iPod puisqu’Apple fait de la résistance aux formats des autres.

Bref, les consommateurs ont gagné une bataille mais pas la guerre.

ballmercesA Las Vegas, la semaine dernière, j’ai assisté à la fameuse « keynote » de Steve Ballmer. En regardant le patron de Microsoft faire son show sur scène à grand renfort de clips vidéo et de jingles devant des spectateurs enthousiastes, je me suis demandé pourquoi nos chers patrons IT français ne se livreraient pas, eux aussi, à cet exercice ?

Imaginez un peu Didier Lombard, dirigeant d’Orange, sur scène avec, je ne sais pas moi, Calogero ou Christophe Maé ? Cela aurait de la gueule, quand même ! Ou encore Martin Bouygues dévoilant sa stratégie télécom au milieu des fumigènes ! Pourquoi pas ? L’an dernier, à Vegas, Bill Gates a fait monter sur scène Slash, l’ancien guitariste des Guns n’ Roses, et il s’est lui-même essayé à la guitare du jeu vidéo Guitar Hero sans que personne ne trouve cela ridicule.

C’est Steve Jobs, le patron d’Apple, qui a quasiment inventé le rituel des keynotes, moment important où le big boss monte sur scène pour dévoiler les grandes lignes de la politique de son entreprise. Les keynotes deviennent des passages obligés aux Etats-Unis. En high-tech, c’est l’occasion de présenter toutes sortes de démos sympas. Cela provoque l’intérêt et même l’empathie. Cela humanise l’entreprise. C’est « cool » et moins convenu qu’une conférence de presse traditionnelle ennuyante et engonssée. Les journalistes aiment ça et y donnent de plus en plus d’importance (j’en fait partie) en médiatisant volontiers ces shows qui, de plus, sont très informatifs (même s’il est impossible de poser des questions).

Cependant, le phénomène ne semble pas avoir encore touché la France.

Les rares initiatives dans ce domaine concernent la politique avec deux personnages, pourtant situés aux extrêmes de l’échiquier, qui s’y sont vaguement risqué : Jean-Marie Le Pen jadis et, plus récemment, Ségolène Royal. Mais du côté des patrons, high-tech ou pas d’ailleurs, on en est encore au sinistre Power Point en costume cravate. Les dirigeants rechignent à aller au charbon en solo et préfèrent se réfugier derrière un pupitre entourés de leurs staffs.

Il est vrai qu’il faut un certain charisme naturel (ou travaillé…) pour se risquer sur scène et paraître aussi sincère qu’un John Chambers (Cisco) versant une larme pour la Chine sans déclencher l’ironie des médias. On imagine mal, par exemple, l’austère Serge Tchuruk (Alcatel) en tee-shirt devant un mur d’images entouré de rappeurs…

Pourtant, à mon avis, lui comme d’autres auraient tout à y gagner.