Orange n’a plus le privilège de la vente de l’iPhone en France. La citadelle Apple-Orange avait commencé à céder en décembre dernier avec une première décision du Conseil de la Concurrence. Elle a définitivement rompu aujourd’hui avec un arrêt de la Cour d’Appel qui confirme le droit pour les autres opérateurs, Bouygues et SFR, de vendre le précieux joujou. Ils vont surtout pouvoir le subventionner, comme ils le font avec les autres téléphones, afin de « booster » son adoption.
Cette affaire montre deux choses
D’abord, c’est une claque pour Orange et Apple. Aussi puissants soient-ils économiquement, les deux poids lourds de l’industrie high-tech ne sont pas parvenus à imposer leur modèle dans l’hexagone. Décidemment, les Français doivent commencer à horripiler sérieusement Steve Jobs. Le patron d’Apple s’était déjà frotté à la législation française lors du lancement de l’iTunes Store avec l’histoire des droits d’auteurs et des DRM. Aujourd’hui, il est obligé de constater que l’astucieux modèle économique mis au point par ses soins (un opérateur unique par pays) se heurte à la rigide législation d’un irréductible village (global) gaulois.
Ensuite, cela montre que l’on ne peut pas restreindre l’acquisition d’un bien technologique ultra-convoité. Les consommateurs estiment avoir le droit de jouir du meilleur de la technologie indépendamment du choix de leur opérateur dès lors que la technologie le permet (le simlockage de l’iPhone n’est pas une contrainte technique mais une restriction commerciale). Il est certain qu’aucun autre appareil sur le marché n’aurait jamais pu provoquer un tel pataquès !