Le gouvernement s’est-il laissé surprendre par l’ampleur de la « l’affaire Hadopi » ? On a assisté hier soir à l’Assemblée Nationale, avec la reprise de la discussion sur le projet de loi, à un affrontement comme on en n’avait pas vu depuis longtemps ! Aujourd’hui, on se demande comment cette « petite loi de rien du tout », portant sur une histoire d’ordinateurs et d’ados attardés, qui aurait du passer comme une lettre à la poste, se retrouve à deux doigts du fiasco politico-numérique ?
Christine Albanel et Nicolas Sarkozy ont-ils sous-estimé le danger ?
Certains mettent en avant le manque de « culture Internet » du président de la République et de la ministre de la Culture. Il est vrai que les promoteurs de cette loi semblent être dans une logique « classique » pouvant se résumer ainsi : des méchants, une loi, des sanctions et la vie continue. Le problème, c’est que ce qui fonctionne bien avec des délits traditionnels fonctionne moins bien avec les échanges de fichiers sur Internet. On n’imagine mal des dealers ou des violeurs défiler dans la rue et ouvrir des blogs pour protester contre une loi sanctionnant les dealers et les violeurs. Avec Hadopi, c’est moins simple. Les « méchants » refusent l’étiquette de fraudeurs et plaident pour un changement de société.
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Il y a une petite trentaine d’années (ouh là là…), j’étais gamin et je découvrais un formidable outil de communication. Un truc qui permettait de dialoguer librement avec des gens que l’on ne connaissait pas sans les rencontrer. On pouvait se parler à distance dans un rayon de plusieurs kilomètres. Par temps clair ou à condition de monter un peu en altitude, on pouvait même atteindre des pays étrangers et là c’était magique. Ce système fabuleux rompait avec tous les modes traditionnels de communication (radio, télé, téléphone…) : aucune autorité de contrôle, aucune taxe à payer, juste un petit investissement de quelques centaines de francs pour acheter l’appareil de communication. Après cela, on pouvait converser avec toutes sortes de gens que l’on n’avait jamais vues et que l’on ne verrait jamais. On se racontait des choses passionnantes. En général, on commençait par parler pendant des heures du système de communication lui-même et de la qualité de la liaison. Parfois, on échangeait quelques blagues ou on commentait l’actualité. Bref, du lourd. Mais l’important n’était pas ce que nous nous disions. L’importait était que nous formions… une véritable communauté ! Et ceux qui n’en faisaient pas partie trouvaient cela ridicule.
Un jour, au 21ème siècle, en 2009, je tente une petite soirée télé en famille. Pour cela, je compte sur les services de VOD de ma belle box triple play afin de trouver un bon film. Allez-y, envoyez la HD, je suis prêt à payer !


