Un jour, au 21ème siècle, en 2009, je tente une petite soirée télé en famille. Pour cela, je compte sur les services de VOD de ma belle box triple play afin de trouver un bon film. Allez-y, envoyez la HD, je suis prêt à payer !
Quelle déception ! L’offre (légale) de vidéo à la demande est d’une indigence à pleurer. Presque uniquement des films que l’on a déjà vus ou que l’on n’a pas envie de voir. On croit avoir du cinéma à domicile et on se retrouve dans un vieux ciné-club de campagne.
Je commence par Free Home Video (films et séries illimitées moyennant quelques Euros par mois). Le programme est prometteur. Jugez putôt : Panic Room, Mister C, Les ex de mon mec, Miss Detective, Terreur Point com, La famille Foldingue… Rien que des blockbusters, quoi.
Bon. Je me dis que j’aurais plus de chances sur CanalPlay, le pionnier de la VOD (films payables à l’unité). Mais, là encore, c’est à désespérer : Hancock (déjà vu), La personne aux deux personnes (vu, pas terrible) et une nouveauté toute fraiche : La leçon de piano.
Malgré la mauvaise ergonomie de ces plateformes (inadaptée aux télécommandes), je pousse l’investigation jusqu’à TF1 vidéo. Dans sa grande bonté et dans sa rubrique « Nouveautés », le premier groupe TV français me propose : 48 heures par jour (jamais entendu parler), Bankgok Dangerous (?) ou bien encore un film dont le titre sonne comme une belle promesse de divertissement familial : Chicago Massacre.
Pendant ce temps, mes sushis ont refroidi et mes enfants commencent à s’énerver.
- Mais papa pourquoi est-ce qu’on ne peut pas voir Coco de Gad Elmaleh ou OSS117 dont tout le monde parle en ce moment ? »
Désespéré, je tente une explication optimiste.
- mes chéris, lorsque vous serez grands, vous vivrez certainement à une époque où vous pourrez voir tous les films que vous voudrez quand vous voudrez et où vous voudrez. Pour l’instant, vous n’êtes encore qu’au 21ème siècle, en 2009, et ce n’est pas possible. Pour notre bonheur, nous aurons bientôt le droit de voir ces films à peine… 4 mois après leur sortie en salles. Il faudra s’en contenter. On appelle ça la chronologie des médias.
Je sens alors poindre dans ma famille comme un soupçon de déception par rapport à cette belle époque technologique dont je ne cesse pourtant de leur vanter les mérites. Ma fille : « mais c’est nul la nologidémédia ! ». Je l’avoue, je suis, comme mes enfants, de la génération « tout tout de suite ». Où sont les films récents ? A défaut, où sont les bons gros divertissements familiaux ? Les comédies des années 70-80 ? Les (vrais) blockbusters américains de moins de dix ans ?
Soudain, ma femme en remet une couche : « Est-ce qu’on peut voir La journée de la jupe ? ». Baguettes japonaises dans une main et CB dans l’autre, je tente, sans trop y croire, une petite recherche sur le site d’Arte qui, me semble-t-il, a co-produit le film. Trop tard ! La Jupe était visible pendant une courte période sur le Web mais c’est terminé. Bouh…
Allez, dernière tentative. Pour ma fille, je pars à la recherche de… Mary Poppins sur www.totalvod.com (c’est pas que je meure d’envie de revoir Mary Poppins mais au moins le sourire de ma souris devant la supernanny qui vole avec son parapluie pourra peut-être nous consoler…). Mauvaise pioche : le film semble disponible sur Orange TV mais je ne suis pas abonné (donc impossible de le regarder sur la télé via ma box) et le site Web où je pourrais peut-être le télécharger ne répond pas à cet instant.
Alors, on fait quoi maintenant ? Mais où est-elle cette fameuse offre légale attractive ?




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