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Attitude techno

Jérôme Colombain, journaliste high-tech à France Info

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Catégorie : Musique numérique

En matière de diffusion de musique sur le Web, ce n’est pas l’imagination qui manque ! Chaque jour ou presque voit naître un nouveau service d’écoute en téléchargement ou en streaming. Parmi eux : Mixpod permet de créer votre propre playlist (avec même des vidéos), de l’habiller avec un « skin » original et de l’installer sur votre blog pour la partager avec vos amis. Exemple ci-dessous :


MusicPlaylist
Music Playlist at MixPod.com

En attendant une reprise de l’inspiration sur ce blog, nous vous invitons à patienter avec un programme vidéo de premier choix…


Insérez ce player sur votre site

Le gouvernement s’est-il laissé surprendre par l’ampleur de la « l’affaire Hadopi » ? On a assisté hier soir à l’Assemblée Nationale, avec la reprise de la discussion sur le projet de loi, à un affrontement comme on en n’avait pas vu depuis longtemps ! Aujourd’hui, on se demande comment cette « petite loi de rien du tout », portant sur une histoire d’ordinateurs et d’ados attardés, qui aurait du passer comme une lettre à la poste, se retrouve à deux doigts du fiasco politico-numérique ?

Christine Albanel et Nicolas Sarkozy ont-ils sous-estimé le danger ?

Certains mettent en avant le manque de « culture Internet » du président de la République et de la ministre de la Culture. Il est vrai que les promoteurs de cette loi semblent être dans une logique « classique » pouvant se résumer ainsi : des méchants, une loi, des sanctions et la vie continue. Le problème, c’est que ce qui fonctionne bien avec des délits traditionnels fonctionne moins bien avec les échanges de fichiers sur Internet. On n’imagine mal des dealers ou des violeurs défiler dans la rue et ouvrir des blogs pour protester contre une loi sanctionnant les dealers et les violeurs. Avec Hadopi, c’est moins simple. Les « méchants » refusent l’étiquette de fraudeurs et plaident pour un changement de société.
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C’est fini ! Enfin ! Les dispositifs anti-copie sur les téléchargements légaux (constituant l’un des aspects des fameux DRM – Digital Rights Management) ne sont plus qu’un mauvais souvenir (juste le temps que tout se mette en place sur les sites marchands). Les deux derniers dinosaures qui faisaient encore de la résistance, Universal Music et Sony Music, ont jeté l’éponge ce week-end à l’occasion du Midem en annonçant la levée des DRM sur les téléchargements de musique à l’unité.

Sur France Info, Pascal Nègre, le PDG d’Universal France, explique : « nous n’avons plus besoin de faire de l’autodéfense car désormais l’Etat nous protège » (écouter).

Les DRM étaient une formidable « mauvaise idée » qui n’aurait jamais du voir le jour (il aurait suffit, mesdames, messieurs les ministres, députés et pros du disque, de vous mettre deux minutes à la place du consommateur honnête pour vous en rendre compte). On a vainement tenté de transférer la logique ancienne du monde analogique dans le nouveau paradigme du monde numérique sans considérer les changements d’usage que cette révolution entraîne. Une telle aberration a sans doute précipité la chute du marché de la musique.

Cela dit, tous nos problèmes de « consommateurs honnêtes » ne sont pas réglés. D’abord, même sans DRM, certains formats numériques continuent à poser des problèmes de compatibilité (essayez donc de transférer sur un baladeur de marque Creative des chansons en AAC achetées sur iTunes…). Ensuite, l’abandon des systèmes anti-copie ne concerne pas les téléchargements illimités. Pas exemple, si vous êtes abonné à MusicMe, pas question de transférer votre musique sur un iPod puisqu’Apple fait de la résistance aux formats des autres.

Bref, les consommateurs ont gagné une bataille mais pas la guerre.

Voici une question pour MM Pascal Nègre (Universal Music) et Hervé Rosny (SNEP, Syndicat National des Editeurs de Musique) :

En ce moment, mon fils souhaite écouter de la musique uniquement sur sa console de jeu portable Nintendo DS (grace une cartouche spéciale munie d’une petite carte mémoire rapportée d’Asie par son geek de père). C’est plus « stylé », comme il dit, que sur un baladeur…

Malheureusement, cet appareil n’est pas prévu pour cela et est incompatible avec les DRM. Il faut donc utiliser exclusivement des morceaux de musique en MP3 libres de tout… DRM.

Alors, que faire ?

1) Je le gifle et je lui explique que la musique s’écoute uniquement sur un baladeur compatible PlayFor Sure agréé par le gouvernement ?

2) Je lui interdis d’écouter de la musique car au fond ce n’est pas très utile ?

3) Je télécharge les chansons qu’il veut sur des sites légaux et si je rencontre d’inconvenants DRM je les fais sauter sauvagement à l’aide d’un petit logiciel adéquat ?

Je vous laisse deviner l’option que j’ai choisie…

MM Nègre et Rosny me répondront que les DRM c’est de l’histoire ancienne car cela n’existe quasiment plus sur les chansons vendues à l’unité… C’est partiellement vrai (mais pas totalement).

Cette histoire n’est-elle pas révélatrice de l’incohérence qui demeure entre une vision passéiste des choses et les modes de vie numériques exotiques d’aujourd’hui ? S’il existait un vrai service de vente de musique au forfait avec téléchargement illimité sans DRM, j’y serais abonné depuis longtemps. Mais pour l’instant, les professionnels ne veulent pas en entendre parler.

Le problème c’est que mon fils est déjà en train de me demander de lui télécharger… des clips vidéos et des films pour sa DS ! Et là, point de contenu légal sans DRM.

Je vais devoir à nouveau me poser la question des gifles.

Je plains les fabricants de téléphones mobiles. Je ne leur en veux pas, je les plains. Ils nous conçoivent des appareils merveilleux (l’iPhone 2 est une merveille de smartphone et le HTC Diamond est également bien fichu) mais ils n’ont toujours pas trouvé le moyen de fournir à leur joujoux une autonomie suffisante.

Lorsque l’on active tous les paramètres de l’iPhone 2 (3G, GPS, Wifi, Bluetooth, push mail…), celui-ci ne tient pas plus d’une demi-journée ! Idem pour le Diamond. On est loin des 4 ou 5 jours d’autonomie d’un vieux Nokia (il est vrai que mon vieux Nokia ressemble autant à l’iPhone qu’un solex ressemble à une Porsche Carrera…).

Bref, si vous allez de chez vous à votre bureau et retour, pas de problème : il vous suffit de brancher votre iPhone dès que vous arrivez pour le recharger. En revanche, pour une utilisation réellement « mobile » il est impératif de désactiver les fonctions que vous n’utilisez pas (Wifi, GPS…) et de les rebrancher uniquement lorsque vous voulez vous en servir. Dans ce cas, l’appareil retrouve une durée de vie honorable d’une bonne journée, voire même plus. Sur l’iPhone 2, il semble que ce soit principalement le GPS qui joue les enzymes gloutons. Vous pouvez aussi opter pour un chargeur externe, style batterie de secours ou chargeur solaire.

Quel dommage ! De tels fleurons de la technologie ainsi soumis aux vulgaires loi de la physique. A quel moment la science des électrolytes nous apportera-t-elle des batteries de petites tailles réellement performantes ? Dans combien de temps les fonctions radio (GPS, 3G, Wifi…) seront-elles moins gourmandes ?

Plus que jamais, l’autonomie est le maillon faible de ces nouveaux ordinateurs mobiles.

Pure-Fi AnywhereIl existe de nombreux « docks stations » (stations d’accueil) pour iPod. J’ai été séduit par le Pure-Fi Anywhere de Logitech. Certes, cet appareil n’offre pas le meilleur son du monde mais il présente un excellent rapport « qualité/encombrement ». Sa taille est suffisamment large pour permettre un certain volume sonore tout en restant facilement transportable. Son alimentation sur batterie le rend relativement autonome. Il est livré avec une housse de transport semi-rigide. Bref, un gadget pratique pour profiter de sa musique en déplacement sans se surcharger. En principe, il n’est pas conçu pour accueillir un iPhone mais cela fonctionne très bien à condition de trouver le bon adaptateur parmi la douzaine fournie avec l’appareil. Une mini-télécommande est incluse. Les autres types de baladeurs sont acceptés grâce à un mini-jack 3.5.

Prix : Environ 150 Euros env. (blanc ou noir glossy).

Avant, c’était le bon temps. Du moins pour les industriels et les majors. Ces honorables professionnels décidaient quels outils technologiques nous avions le droit d’utiliser (disques vinyles, cassettes VHS ou radio FM…) et ce que nous avions le droit de faire avec (enregistrer, copier, diffuser…). Seulement voilà, une petite révolution technique est passée par là, elle s’appelle « numérisation », et un monstre tentaculaire a vu le jour : Internet. Aujourd’hui, les industriels continuent à inventer les outils (ADSL, Blu Ray, MP3…), certes, mais les utilisateurs font ce qu’ils veulent avec.

Thomson et l’institut Franhaufer créent le MP3 ? Paf, des rigolos s’en servent pour mélanger leurs discothèques par Internet. Les opérateurs font grimper les débits ADSL ? Bing, les séries télé américaines envahissent le Net dans le dos des chaînes françaises. Les majors du disque imposent des DRM ? Toc, les consommateurs boudent l’achat de musique et se rabattent sur de nouvelles pratiques que l’on nomme piratage. Seul Apple a réussi à formater une offre fermée mais cohérente et conviviale qui séduit le consommateur en prouvant qu’une nouvelle économie de la culture est possible. On pourrait citer encore les SMS ou les blogs dont personne n’avait prévu ni organisé le succès.

Tout cela, Laurent Michaud, spécialiste des loisirs numériques à l’Idate, avec qui je discutais hier au téléphone, le résume d’une phrase à méditer :

« Avant le numérique, les industriels formataient les usages. Depuis le numérique, ce sont les usagers qui formatent les industries« .

Ecouter l’interview de Laurent Michaud concernant le Blu Ray vs la dématérialisation des contenus.

On n’y comprend plus rien au casse-tête de la musique en ligne ! Cette semaine, au MIDEM, la ministre de la Culture, Christine Albanel, a enfoncé le clou en affirmant que la « licence globale » pour la musique en ligne était hors de question. Le gouvernement tourne ainsi le dos aux propositions du rapport Attali. Ce matin, j’interviewais sur France Info Philippe Axel, auteur d’un livre intitulé « La révolution musicale – Liberté, égalité, gratuité » (Editions Pearson). Selon lui, au contraire, la licence globale n’est pas morte et le débat va ressurgir au printemps lors d’un débat parlementaire sur la question (écouter).

Nouveau Monde – Téléchargements, DRM, riposte graduée… 2007 aura été une année pleine de rebondissements dans le dossier de la musique numérique. Confrontés à une érosion irrémédiable des ventes de CD, les professionnels du disque ont toutes les bonnes raisons de se faire de cheveux blancs et l’année 2008 devrait encore leur donner du fil à retordre.

Dès janvier dernier, au MIDEM, on évoque la suppression des DRM, ces verrous sur la musique numérique. Instaurés à la demande des majors pour tenter de maîtriser les flux de musique dématérialisée, ce système de protection montre vite ses limites. En fait, il rend incompatibles les différents formats de musique numérique ce qui finit par dégouter les consommateurs. Les DRM ne font qu’encourager le piratage. En mars, EMI est la première maison de disque à faire sauter les DRM.
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