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Attitude techno

Jérôme Colombain, journaliste high-tech à France Info

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Tag : piratage

Le gouvernement s’est-il laissé surprendre par l’ampleur de la « l’affaire Hadopi » ? On a assisté hier soir à l’Assemblée Nationale, avec la reprise de la discussion sur le projet de loi, à un affrontement comme on en n’avait pas vu depuis longtemps ! Aujourd’hui, on se demande comment cette « petite loi de rien du tout », portant sur une histoire d’ordinateurs et d’ados attardés, qui aurait du passer comme une lettre à la poste, se retrouve à deux doigts du fiasco politico-numérique ?

Christine Albanel et Nicolas Sarkozy ont-ils sous-estimé le danger ?

Certains mettent en avant le manque de « culture Internet » du président de la République et de la ministre de la Culture. Il est vrai que les promoteurs de cette loi semblent être dans une logique « classique » pouvant se résumer ainsi : des méchants, une loi, des sanctions et la vie continue. Le problème, c’est que ce qui fonctionne bien avec des délits traditionnels fonctionne moins bien avec les échanges de fichiers sur Internet. On n’imagine mal des dealers ou des violeurs défiler dans la rue et ouvrir des blogs pour protester contre une loi sanctionnant les dealers et les violeurs. Avec Hadopi, c’est moins simple. Les « méchants » refusent l’étiquette de fraudeurs et plaident pour un changement de société.
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photo-0171Un jour, au 21ème siècle, en 2009, je tente une petite soirée télé en famille. Pour cela, je compte sur les services de VOD de ma belle box triple play afin de trouver un bon film. Allez-y, envoyez la HD, je suis prêt à payer !

Quelle déception ! L’offre (légale) de vidéo à la demande est d’une indigence à pleurer. Presque uniquement des films que l’on a déjà vus ou que l’on n’a pas envie de voir. On croit avoir du cinéma à domicile et on se retrouve dans un vieux ciné-club de campagne.

Je commence par Free Home Video (films et séries illimitées moyennant quelques Euros par mois). Le programme est prometteur. Jugez putôt : Panic Room, Mister C, Les ex de mon mec, Miss Detective, Terreur Point com, La famille Foldingue… Rien que des blockbusters, quoi.

Bon. Je me dis que j’aurais plus de chances sur CanalPlay, le pionnier de la VOD (films payables à l’unité). Mais, là encore, c’est à désespérer : Hancock (déjà vu), La personne aux deux personnes (vu, pas terrible) et une nouveauté toute fraiche : La leçon de piano.

Malgré la mauvaise ergonomie de ces plateformes (inadaptée aux télécommandes), je pousse l’investigation jusqu’à TF1 vidéo. Dans sa grande bonté et dans sa rubrique « Nouveautés », le premier groupe TV français me propose : 48 heures par jour (jamais entendu parler), Bankgok Dangerous (?) ou bien encore un film dont le titre sonne comme une belle promesse de divertissement familial : Chicago Massacre.
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On l’a déjà évoqué sur ce blog : pourquoi pas des films en téléchargement dès leur sortie en salle ? Apparemment, l’idée fait son chemin y compris chez les « pros » les plus éclairés ! Lisez donc ci-dessous cet intéressant article de Numerama :

TV Numérique –

Le réalisateur d’Arthur et Les Minimoys Luc Besson, très engagé dans la lutte contre le piratage, propose de diffuser les films sur Internet dans des formules payantes dès les premiers jours d’exploitation des films au cinéma. Mais il se heurte à l’immobilisme de la profession.

Le réalisateur et producteur Luc Besson ne supporte pas le piratage, mais il ne se contente pas de dire aux responsables politiques que l’on « a l’impression d’être les indiens et de se faire décimer » par les cow-boys de pirates. Il a conscience que la réponse viendra aussi et avant tout d’un renouvellement de l’offre. Interrogé par Les Echos, le directeur du groupe EuropaCorp se prononce « pour l’éclatement de la chronologie des médias« . « Cela fait des années que j’essaie de convaincre le cinéma français qu’il ne faut pas aller contre l’évolution des pratiques du consommateur : il faut proposer les films sur Internet juste après la sortie en salle« , précise-t-il.

« Pour ma part, je serais favorable à la création d’une offre premium sur Internet de quarante-huit heures, le samedi et le dimanche qui suivent la sortie du film en salle. Cette offre pourrait être commercialisée à un prix de 25 à 35 euros. Quinze jours plus tard, la même offre serait de nouveau proposée mais un peu moins chère autour de 22 euros, et ainsi de suite. Au bout d’un certain temps, le film ne serait plus disponible sur Internet. Mais il rejoindrait ultérieurement un catalogue de 500 à 1.000 longs-métrages accessibles via un abonnement.« 

Seulement les exploitants ne sont pas prêts à jouer le jeu. Ils ont refusé de faire l’essai sur un film produit par EuropaCorp, et rejettent toute évolution de la chronologie des médias qui assure aux salles de cinéma une exclusivité d’au moins six mois sur la diffusion des films… si l’on excepte le marché gris du piratage.

Pour Luc Besson, la situation actuelle « n’est pas tenable« . « Aujourd’hui, les jeunes ont le choix entre voir un film dans une salle de cinéma pour 7 euros et rester chez eux où ils peuvent le visionner gratuitement avec le téléchargement illégal« , constate-t-il. En réalité, le prix (hors formule d’abonnement) d’une séance de cinéma est même plus près de 10 euros que de 7 euros dans les grandes agglomérations. Et le prix est à multiplier par le nombre de membres de la famille qui vont au cinéma voire un même film.

« A partir du moment où il y a une loi stricte – la loi création et Internet – qui condamne et punit les auteurs de délits, il est normal que le cinéma propose au public une offre légale« , poursuit Luc Besson, qui reste dans une logique de répression préalable à toute innovation de l’offre.

A l’occasion des très discrètes Assises de la Création, le réalisateur-producteur avait prévenu qu’il faudrait « un délai de un à deux ans » avant de pouvoir changer la chronologie des médias en France.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Je ne suis pas persuadé que le principal problème de la loi sur le piratage « Création et Internet » soit d’être « liberticide ». Une surveillance généralisée du réseau pour lutter contre le piratage ? Chacun sait que c’est impossible. Ce qui est vrai, c’est que la traque des accros au téléchargement est déjà une réalité. Tous les jours, les ayants droits balancent volontairement des chansons célèbres sur les réseaux peer-to-peer et attendent que cela morde puis ils repèrent les adresses IP des gros consommateurs de MP3 qu’ils attaquent en justice. La haute autorité Hadopi – dont on peut par ailleurs constester l’utilité – ne fera que simplifier les procédures judiciaires. Elle pourrait même représenter une garantie pour les internautes qui, ainsi, ne se retrouveront pas en frontal avec les puissantes majors et leurs bataillons d’avocats comme aux Etats-unis. En cas de problème, mieux vaut peut-être une bonne administration avec laquelle on peut transiger qu’un gros tribunal qui n’y connait rien et qui coûte cher !

Un gros bâton et une toute petite carotte

Le problème, c’est qu’à côté du bâton répressif de la riposte graduée, la carotte de l’offre légale est toute riquiqui ! D’après les accords de l’Elysée de novembre 2007, les ayant droits se sont engagé, dès que l’Hadopi serait en place, à rendre l’offre légale plus « attractive ». Mais que nous promettent-ils ? La suppression des DRM sur la musique française téléchargée (attention, pas sur le streaming !) ? C’est déjà fait sur de nombreux titres ! Une révision de la chronologie des médias pour ramener à 6 mois le délai entre la sortie d’un film en salle et en VOD (peut-être 3 mois dans le futur) ? Ce n’est pas assez ! C’est trop long à venir !

Tout va très vite à la vitesse Web et les pratiques d’aujourd’hui ne sont déjà plus celles d’hier… Les internautes ne vont pas tarder à réclamer le droit de voir un film sur leur ordi en même temps que sa sortie en salle ! Personnellement, je suis prêt, aujourd’hui, à payer un tarif « premium » pour regarder Indiana Jones chez moi alors que de toutes façons je n’irai pas le voir au cinéma. On me rétorquera que ce serait la mort des salles de ciné ? Je ne crois pas. Il n’y a qu’à voir l’affluence dans les concerts depuis que les jeunes téléchargent de la musique…

Une fois encore, les ayant droits sont en retard par rapport à la « vraie vie » et la nouvelle loi ne règlera sans doute pas tous leurs problèmes.

Nouveau Monde – Les pirates n’ont qu’à bien se tenir ! De nouveaux systèmes anti-piratage pourraient être bientôt installés dans les salles de cinéma. En effet, on sait que de nombreux films sont copiés par des petits malins armés de caméscopes avant d’être mis en ligne sur les réseaux peer-to-peer.

Pour lutter contre ce phénomène, aux Etats-Unis, des inspecteurs surveillent les spectateurs dans le noir à l’aide de lunettes infra-rouges.

L’entreprise française Thomson a mis au point un système un peu plus sophistiqué. Le principe consiste à dissimuler dans les images des informations invisibles à l’œil nu. C’est ce que l’on appelle la technique du « watermarking ».
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Nouveau Monde (France Info) – C’est un service bien pratique pour les internautes mais qui énerve beaucoup de monde… Un service mis en place par l’incorrigible opérateur trublion Free : il s’agit d’un système, gratuit, qui vous permet d’envoyer à vos amis par Internet de gros fichiers.

Par exemple : vous avez tourné une petit vidéo familiale et vous souhaitez l’envoyer à votre cousine au Canada. Seulement, par courrier électronique traditionnelle ça ne passe pas car le fichier est tros gros. Alors, Free propose le site dl.free.fr qui permet d’envoyer la vidéo sur un serveur informatique et d’avertir votre cousine par courriel qui n’aura plus ensuite qu’à la télécharger sur son ordinateur.

Gratuit et vraiment pratique, ce système compense les limitations imposées par les actuelles connexions Internet des particuliers et des petites entreprises.
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